Pariser Historische Studien

Axel Dröber

Nation, Militär und Gesellschaft
Die französische Nationalgarde in Rennes, Lyon und Paris, 1814–1848

Pariser Historische Studien , Band 125

Issue de la Révolution, la garde nationale a durablement marqué l’opinion publique et les institutions françaises. Pour la monarchie, restaurée en 1814, elle était une force d’ordre indispensable et occupait une place centrale dans la représentation politique des Bourbons. En même temps, elle était devenue symbole de maturité politique et de distinction sociale. Elle conférait une identité bourgeoise et un certain statut social. Axel Dröber se penche sur l’histoire de la garde nationale de Rennes, de Lyon et de Paris sous la Restauration et la monarchie de Juillet. Il étudie les différentes formes d’organisation des citoyens armés et leurs relations avec l’administration et le gouvernement. L’accent est mis sur l’héritage de la Révolution française, qui a marqué la société jusque tard dans le xixe siècle et a eu une influence durable sur la discipline et l’obéissance au sein des troupes d’ordre du pays.

The National Guard, which emerged from the Revolution, left a lasting mark on French public life and institutions. For the monarchy restored in 1814, it was an indispensable upholder of order and occupied a central place in the Bourbons' external political representation. At the same time, it had become a sign of political maturity and social distinction. It conveyed bourgeois identity and social status, on which the following regime of Louis-Philippe was also built. Axel Dröber traces the history of the National Guard of Rennes, Lyon and Paris during the Restoration and the July Monarchy. He examines the organisational forms of the armed citizens and their relationship to the administration and government. The focus is on the legacy of the French Revolution, which shaped society well into the 19th century and had a lasting influence on discipline and obedience within the country's forces tasked with upholding order.

Thomas Schwitter

Erinnerung im Umbruch
Die Fortsetzung, Drucklegung und Ablösung der »Grandes chroniques de France« im 15. und frühen 16. Jahrhundert

Pariser Historische Studien , Vol. 124

À partir du xiiie siècle, les »Grandes chroniques de France«, pièce maîtresse de l’historiographie française, furent régulièrement augmentées et mises à jour. Au xve et au début du xvie siècle, le thème central de cette historiographie proche du pouvoir était la guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons (1407–1435), et la guerre de Cent Ans, qui y était associée. Le développement historiographique était étroitement lié à la lutte de différentes parties pour la souveraineté de l’interprétation de ces conflits. Cette revendication est analysée ici pour la première fois dans un contexte où les »Grandes chroniques« ont, certes, été continuées en tant que récit historiographique, mais dans lequel, en même temps, de nouvelles œuvres d’inspiration humaniste les ont progressivement remplacées. L’étude reconstruit de nombreuses étapes de l’évolution des »Grandes chroniques« et traite également de textes créés dans leur environnement et qui n’ont guère été étudiés jusqu’à présent. Pour ce faire, manuscrits et ouvrages imprimés sont pris en compte de la même manière.

The study traces the development of historiography surrounding the rulers in France in the 15th and early 16th centuries. In the first two parts, the focus is on the continuation and printing of the “Grandes Chroniques” in the 15th century up to the replacement of this leading text by the new, humanistically influenced works of Robert Gaguin and Paulus Aemilius. Along the way, numerous stages of development are reconstructed. Moreover, many historiographical works that have hardly been studied so far but were influenced heavily by the “Grandes Chroniques” are also discussed. For a long time during that period, the main topic of French historiography was the French Civil War (1407–1435) and the associated conflict with the English kings. The struggle of various parties for interpretative sovereignty over those decades therefore had a decisive influence on the development of French historiography in the 15th and early 16th centuries, which will be examined in the third part.

Djro Bilestone R. Kouamenan

Le roi, son favori et les barons
Légitimation et délégitimation du pouvoir royal en Angleterre et en France aux XIVe et XVe siècles

Pariser Historische Studien , Vol. 123

Dans la recherche, le rôle politique du favori et la nature de sa relation avec le roi ont souvent été obscurcis par le fait que, dans les discours du haut et du bas Moyen Âge, la proximité particulière avec le souverain était régulièrement exprimée dans le langage de l’amour et dans des gestes de proximité physique et d’intimité. Ainsi, l’impression est née que le roi, par inclination homosexuelle, accordait une influence excessive à son favori – aux dépens des barons, qui revendiquaient, eux aussi, une part du pouvoir.

Dans l’esprit d’une »histoire culturelle de la politique«, le présent ouvrage reconsidère la figure du favori, la rend compréhensible et tangible dans sa signification au-delà du cas individuel. Il met en évidence le caractère constructif des modèles modernes de perception du désir sexuel et souligne l’importance de l’inconduite sexuelle comme argument politique dans le discours médiéval.

 

At the end of the Western Middle Ages, the new notions of the legitimacy of royal power and its exercise were made more visible by the presence of royal favourites whose figure should be reconsidered. The present study links the reproach of sexual misconduct as a political argument in medieval discourse to medieval ideas about royalty and government, opening new perspectives of a cultural history of politics in the Later Middle Ages.

Isabelle Deflers

Von Preußen lernen?
Die preußische Monarchie im Spiegel französischer Reformdiskurse am Ende des Ancien Régime

Pariser Historische Studien , Vol. 122

La guerre de Sept Ans a été un désastre pour la renommée de la France. S’est alors engagée une discussion intensive sur des idées de réforme afin que soit restaurée la primauté de la monarchie française dans le système international des États et que le pays soit sauvé de la faillite. L’autopromotion de Frédéric II a suscité un intérêt particulièrement vif du public français pour la Prusse. Mais dans quelle mesure l’État prussien, perçu comme un modèle de réussite, pouvait-il servir de référence dans ce débat sur les réformes? Le livre nous montre par le biais de quels médiateurs et les moyens par lesquels le transfert de connaissances de la Prusse vers la France s’est opéré au cours des dernières décennies de l’Ancien Régime. Les limites de ce transfert y sont également expliquées, ainsi que la fonction que le renvoi à la Prusse a effectivement occupée au sein des discussions autoréférentielles sur la »régénération« de la monarchie française.

With the end of the Seven Years' War, a period of intensive search for reform ideas began in France an attempt to restore France's supremacy in the international state system and save the monarchy from bankruptcy. The particularly lively interest of the French public in Prussia raises the question of the extent to which Frederick II's state, which was regarded as successful, has served as a model in this reform debate. The book shows by which ways, carriers and means the transfer of knowledge from Prussia to France took place at the end of the Ancien Régime and what function the reference to Prussia actually assumed within self-referential French discussions.

Stephan Nicolussi-Köhler

Pariser Historische Studien , Vol. 121

Comment les réseaux de marchands du sud de la France ont-ils contribué à l’essor commercial de Marseille et de Montpellier aux xiie et xiiie siècles? Comment les villes de l’intérieur des terres, en fournissant des biens, des capitaux et des personnes, ont-elles permis l’expansion du commerce méditerranéen des grandes villes côtières? Dans cette étude, les fondements du commerce à longue distance sont non seulement expliqués par l’établissement des États croisés au Levant mais ils sont aussi explorés directement à leur source, à savoir les circuits commerciaux actifs dans l’arrière-pays, aux alentours des villes portuaires. Des analyses microhistoriques de familles marchandes, de navires marchands et de privilèges commerciaux spécifiques mettent en lumière des liens jusqu’alors inconnus entre les différents acteurs économiques, ouvrant ainsi de nouvelles perspectives sur le développement du commerce à longue distance dans le sud de la France au Moyen Âge.

The book examines how the integration of local merchants in the south of France contributed to the commercial expansion of the cities of Marseille and Montpellier in the 12th and 13th centuries. The origin of the flourishing long-distance trade is not sought in the establishment of the Crusader states in the East, but instead is explored at its roots, the local trade cycles in the hinterland of the port cities. The book is built around micro-historical sketches about specific merchant families, merchant ships and trade privileges, thus revealing unknown connections and new perspectives. Mediterranean trade is described from the perspective of inland merchants, and trade with the Levant is seen from the perspective of Provençal and Catalan merchants who traded through foreign financial centres and under foreign flags. The book explores how the hinterland made the long-distance trade of Marseille and Montpellier possible in the first place by providing goods, capital and manpower.

Anna Laiß

Universalistisches Ideal und koloniale Kontinuitäten
Die »harkis« in der Fünften Französischen Republik

Pariser Historische Studien , Vol. 120

En 1962, avec l’indépendance de l’Algérie, ce sont non seulement un million de colons européens mais aussi près de 85 000 »harkis« – des musulmans qui avaient soutenu l’armée française pendant la guerre, notamment en tant que soldats auxiliaires – qui quittent le pays pour la France. Les harkis arrivent-ils comme des »traîtres à la nation algérienne«, comme des »citoyens français à droits égaux«, et donc comme des rapatriés, ou bien doivent-ils être considérés comme des réfugiés? Anna Laiß analyse les controverses suscitées par les différents points de vue ainsi que la difficulté éprouvée par les harkis et leurs descendants à trouver leur place dans la République française. Elle souligne la tension entre l’idéal universaliste et les modes d’action et de pensée coloniaux, qui se reflètent dans les débats sur l’intégration et les mémoires coloniales, bien au-delà de la période de la décolonisation.

When Algeria gained independence in 1962, an estimated 1 million European settlers and roughly 85 000 so called »Harkis«, muslim Algerians that served as auxiliaries in the French Army, left Algeria en route to France. Were the »Harkis« received as »traitors of the Algerian nation«, as »French citizens with rights to repatriation« or were they seen simply as »refugees«? Anna Laiß provides insightful analysis into the controversial perceptions and portrayals that dominated the “Harkis« existence, and that of their descendents, in their search for a place in the French Republic. She reveals the areas of conflict and discord between the French ideals of republican universalism and the colonial mindset and behaviour, which are to be found in debates about integration and colonial memory, and which extend well beyond the period of decolonisation. 

Jérôme Verdoot

Une clôture hermétique?
Isolement régulier et intérêts séculiers au monastère Saint-Pierre de Lobbes, VIIe–XIVe siècle

Pariser Historische Studien , Vol. 119

Au Moyen Âge, les abbayes bénédictines justifiaient leur existence par leur isolement, prétention affirmée à travers, notamment, le topos du locus desertus montrant des saints fondateurs d’abbayes s’installer loin de toute civilisation. Or, pour subsister, les abbayes devaient retirer des biens ou des services de la société englobante (oblats, nourriture, protection…) et, en échange, en fournir d’autres (soutien politique, hospitalité…). Les monastères médiévaux étaient donc profondément intégrés dans la société tout en prétendant en être isolés. Ce paradoxe de la vie monastique est souvent utilisé dans les Ordensforschungen, bien plus rarement pour l’étude d’institutions spécifiques. Le présent ouvrage a pour objectif de confronter ce cadre théorique à la réalité vécue par les moines de l’abbaye Saint-Pierre de Lobbes (Hainaut, Belgique), du viie siècle, date de sa fondation, jusqu’à la fin du xive.

 

In the Middle Ages, the very existence of Benedictine monasteries was based on their proclaimed isolation from the world, a tenet diametrically opposed to their means of subsistence. Indeed, in order to extract goods from society (oblates, food, protection…), abbeys had to provide tangible goods and services in exchange (political support, hospitality…); monasteries were deeply integrated into medieval society while claiming to be isolated from it. This paradox of monastic life is often referred to in the Ordenforschungen or study of the monastic orders, but it is rarely used when it comes to studying specific institutions. This book aims to test the validity of this theoretical framework against the reality as lived by the monks of the Abbey of St Peter of Lobbes (Hainault, Belgium), from its founding until the turn of the 14th and 15th centuries. In particular, it analyses the interactions between the abbey and its political and economic environment.

Julia Heinemann

Verwandtsein und Herrschen
Die Königinmutter Catherine de Médicis und ihre Kinder in Briefen, 1560–1589

Pariser Historische Studien , Vol. 118

Pendant près de trente ans, Catherine de Médicis a été une figure politique centrale de la monarchie française. Son autorité reposait sur sa position de reine mère. L’ouvrage examine ce que la parenté signifiait pour elle et ses descendants; il montre comment les relations de parenté étaient négociées et comment parenté et pouvoir étaient liés dans la pratique. Qu’est-ce qu'une reine mère, une sœur ou un fils royaux? Les lettres que s’écrivaient la mère et les enfants révèlent la parenté comme un répertoire flexible de la pensée et de l'action politiques. À une époque considérée comme celle de l’origine des États modernes, la royauté a ainsi été constamment reconceptualisée et légitimée dans les relations de parenté.

Catherine de Médicis was an important political figure of the French monarchy for over 30 years. Her authority was based on her position as queen mother in relation to her children. This book explores the question of what relatedness actually was for the queen mother and her offspring, how they negotiated kinship relations and how kinship and political power were intertwined. What was a queen mother, a royal son or a royal sister? The letters that the relatives wrote to each other show that kinship formed a flexible repertoire of political thinking and acting. In a period that is considered the beginning of the building of modern states, royal authority was conceptionalized and legitimized by kinship relations.

Eric Burkart

Kreuzzug als Selbstbeschreibung
Burgundische Statuspolitik in den spätmittelalterlichen Traktaten des Jean Germain

Pariser Historische Studien , Vol. 117

L’histoire des ducs de Valois-Bourgogne (1363–1477) peut conduire, d’un point de vue rétrospectif, à une juxtaposition des éléments modernes et médiévaux de ce règne. C’est en particulier les projets de croisade de Philippe le Bon (1419–1467) qui, devant ce canevas, apparaissent comme l’ultime épanouissement d’une culture médiévale au sens où l’entend Johan Huizinga. Ce qui ne correspond pas tout à fait au récit classique d’un »État bourguignon«. Mais au lieu de voir en Philippe le Bon un don Quichotte du xve siècle ou le précurseur du »dernier chevalier«, Maximilien, cette étude examine ses projets de croisade dans le cadre de sa politique de statut: la volonté ostentatoire de défendre la foi permet à la jeune dynastie de revendiquer un rang plus élevé parmi les princes européens. Pour analyser le discours de croisade bourguignon, l'ouvrage s’appuie sur trois traités de l’évêque Jean Germain († 1461), que ce dernier a écrit en tant que premier chancelier de l’ordre de la Toison d’or. L’étude innove sur le plan méthodologique en combinant une méthode d’analyse séquentielle empruntée à la recherche sociale reconstructive avec une perspective analytique du discours, en l’employant pour examiner le programme texte-images des manuscrits du Moyen Âge tardif.

 

The reign of the Valois Dukes of Burgundy (1363–1477) might, in retrospect, suggest a link between modern and medieval features of their rule, especially with respect to the crusade projects of Philipp the Good (1419–1467). These ambitions may seem like a late blossoming of medieval culture, in line with the arguments of Johan Huizinga, that does not quite fit the historiographical narrative of the evolving Burgundian state. Instead of picturing Philipp the Good as a fifteenth-century Don Quixote, or as a precursor to the »last knight«, Emperor Maximilian I of the Holy Roman Empire, this book focuses on the political dimensions of his ostentatious crusading ambitions as part of the Burgundian struggle for a higher status among the hierarchy of European powers.

This study examines the crusading discourse at the Burgundian court through an analysis of three voluminous treatises written by bishop Jean Germain († 1461), the first chancellor of Philipp’s Order of the Golden Fleece. It combines a discourse analytical perspective with a form of sequential analysis that is taken from qualitative social research and applies it to late medieval texts and miniatures.

Christian Wenzel

» Ruine d'estat «
Sicherheit in den Debatten der französischen Religionskriege 1557–1589

Pariser Historische Studien , Vol. 116

La sécurité est un sujet aussi central que largement inexploré des guerres de Religion françaises. Pour la première fois, elle est analysée ici de manière systématique et en tenant compte des modèles d’interprétation contemporains. Christian Wenzel retrace le vaste débat sur la sécurité qui a considérablement marqué les conflits entre 1557 et 1589. Son étude non seulement ouvre une nouvelle perspective sur les événements et processus centraux, mais elle contribue, grâce au concept de »communication historique sur la sécurité« développé ici, à la recherche historique sur la sécurité et montre la complexité des concepts de sécurité de l’époque moderne.

Security – a category that is as important as neglected when it comes to the French Wars of Religion in the 16th century. Christian Wenzel systematically traces imaginations of security as well as their function in the French Wars of Religion for the first time, with a close focus on the perspective of the historical actors. The present study vividly recounts a broad security debate which influenced the conflicts between 1557 and 1589 to a significant degree. Thereby, the study enables not only new perspectives on pivotal junctions and processes; by introducing “Historical Security Communication” as a heuristic approach, it also contributes to Historical Security Studies and casts a light on the complexity of early modern semantics of security.

Miriam Régerat-Kobitzsch

»Cette reine qui fait une si piètre figure«
Maria von Medici in der europäischen Geschichtsschreibung des 19. Jahrhunderts

Pariser Historische Studien , Vol. 115

Marie de Médicis (1575-1642), reine de France, est restée dans les mémoires comme une souveraine incapable, obsédée par le pouvoir et soupçonnée d’avoir assassiné son mari. Ses actions culturelles et politiques ont souvent été réduites à une parenthèse féminine et italienne entre le règne d’Henri IV et le ministériat de Richelieu. Cette image a survécu à la Révolution et s’est consolidée dans le discours historique identitaire d’une nation française de plus en plus bourgeoise, républicaine et laïque.Pour la première fois, la réception mouvementée de Marie de Médicis au XIXe siècle fait ici l’objet d'une enquête approfondie. L’étude offre un vaste aperçu de l'imbrication de l’historiographie, de la société et de la politique pendant les crises et les bouleversements des nationalismes européens.

Successive generations have remembered Marie de’ Medici (1575–1642), Queen of France, as an incompetent regent, obsessed with power and alleged to have murdered her husband. Moreover, historians often saw no more to her cultural work and politics than a female and Italian parenthesis between the reign of Henry IV and the ministry of Richelieu. This unfavourable image of the second Medici-regent survived the French Revolution and was solidified in the master narrative of an increasingly bourgeois, republican and secular French nation. The present volume provides the first-ever investigation into Marie de’ Medici’s colourful reception during the 19th century. It offers an in-depth analysis of historical writing, society and politics in the pan-European period of crisis and change called the Age of Nationalism.