8.2 Idéologies linguistiques et Sprachkritik en italien
Autor/innen
- Antje Lobin
- Paul Chibret
Aujourd’hui, dans la République italienne, aux côtés de l’italien comme langue administrative coexistent au niveau local le français, l’allemand, le ladin et le slovène et partagent un statut officiel. Ce sont, au total, douze langues minoritaires qui jouissent d’un statut spécifique. De puis la fin du Moyen-Age s’est ancré le sentiment selon lequel les langues naturelles se manifestent sous la forme de diverses variétés. Le fait que les différents dialects furent progressivement supplantés par le florentin s’est accompagné tantôt d’approbations tantôt de désapprobations. Celles-ci correspondent à deux mouvements complémentaires. Pendant que l’un est dévoué à l’unilinguisme et bâtit une ligne de défenses d’abord fondée sur des arguments littéraires et esthétiques puis, plus tard, idéologiques et politiques, l’autre tend vers le pluralisme linguistique. Les négociations menées dans le contexte de la diversité linguistique expriment et représentent des idéologies linguistiques dont certains exemples feront, ici, l’objet de développements détaillés. Ces négociations sont, en cela, comparables aux glottonymes apparaissant au fil des siècles et rentrant en concurrence les uns avec les autres, aux désignations des minorités linguistiques, aux positionnements vis-à-vis de l’influence anglo-américaine ou bien encore aux discussions portant sur les modifications normatives en lien avec le political correctness (‹ politiquement correct ›).

