7.2 Idéologies linguistiques et Sprachkritik en français
Autor/innen
- Sybille Große
- Paul Chibret
En France, le concept d’idéologie linguistique est le plus souvent connoté négativement. L’une des plus importantes querelles idéologico-linguistiques, qui attire l’attention dans l’opinion publique française, concerne la question du standard linguistique. Il n’est pas rare que ce débat mène à dévaloriser d’autres langues ou d’autres variétés linguistiques du français (que l’on désigne souvent par la notion peu spécifique de patois). A part le standard, les aspects qui se dégagent des discussions et des discours d’idéologie linguistique sont ceux qui s’ancrent dans l’imaginaire de nombreux locuteurs, à savoir par exemple la représentation que l’on se fait de la clarté de la langue française. Mais c’est aussi le rejet d’emprunts lexicaux dans le contexte du purisme linguistique hostile aux lexèmes non-natifs, aux anglicismes tout particulièrement, qui fait l’objet de discussions d’idéologie linguistique auxquelles prend part aussi, dans une certaine mesure, l’Académie française, jusqu’à aujourd’hui. Aujourd’hui, c’est le débat autour de l’écriture inclusive qui est mené dans ce cadre et qui est concerné par de l’idéologie linguistique. Dans l’évaluation, ou plutôt le rejet de l’écriture inclusive, les arguments de la confusion, de l’illisibilité ou de la difficulté de prononciation jouent un rôle conforme à une idéologie linguistique. Dans une foule de débats dominés par des idéologies linguistiques, c’est une décision de l’Académie française qui est attendue, en dernière instance, pour faire autorité.

